PRINCIPE DES PRINCIPES

 

Le TJQ est un Art Martial Interne Chinois Traditionnel ; sa pratique est organisée autours de très nombreuses techniques mémorisées sous forme d’enchainements gestuels. Mais ces « Formes » restent encore externes.

L’entrée dans le travail interne est structurée par des « principes internes ». Ce sont les branches principales qui partent du tronc de la forme ; celles-ci se ramifient en plusieurs dizaines de principes associés, et surtout se conjuguent entre elles pour former une arborescence large, complexe, cohérente et assez complète [qui couvre la quasi totalité du champ de la pratique : formelle, martiale, énergétique, et plus discrètement, spirituelle].

 

Ce sont des « principes » et non des techniques parce qu’ils indiquent un chemin de progression de l’externe vers l’interne.

Il faut une pensée « yin/yang » pour les aborder [yin et yang correspondent à l’adret et à l’ubac : les deux versants d’une même montagne exposés différemment au soleil. Il ne s’agit pas d’opposition]. Interne et externe sont deux moments plus que deux états séparés.

Les « principes » de base [Yin/Yang, spirales, centre] sont le point de départ du chemin, pas l’objectif ! Plus : chacun contient tous les autres… Il faut les traiter comme un moyen habile de découvrir les chemins de l’interne pour des pratiquants assez néophytes. Pour le pratiquant averti, ils évoluent et restent un chemin de progression très fiable, par leur conjugaison.

Comme les 5 éléments, il y a un processus d’engendrement et de transformation entre chacun.

Yin/yang est une trame plus qu’un principe technique : il supporte tous les autres.

Yin/yang, à travers les méandres du labyrinthe se transforme en « souffle interne » – c’est un modèle pour l’évolution d’un principe « simple » vers la complexité de l’interne :

Le passage du « local » [genoux, hanche, sacrum…] au global [tout le corps] et du « gestuel » [descendre, ouvrir les bras…] au respiratoire est la marque de l’énergétique interne.

Le processus est identique pour tous les autres principes.

Le piège est de traiter ces principes comme des éléments isolés, qu’il faudrait additionner [pour enfin maitriser l’énergie], alors qu’il faut les marier et les fondre ensemble jusqu’à ce qu’ils disparaissent, intégrés dans le corps en mouvement.

SI l’on cherche l’addition : toujours plus de technique, il y a un grand risque de se perdre dans le labyrinthe et de garder une perpétuelle dépendance au Sifu qui va alimenter cette quête perpétuelle. Pire, il y a le risque de ne jamais arriver à faire l’opération de croisement, puisque le nombre de « techniques » augmente sans arrêt : on est alors plus dans les principes !

Si l’on pense à « multiplier » les principes [à les croiser], alors ils prennent vie, s’éclairent l’un l’autre, se renforcent, entrent dans un cercle vertueux : leur nature profonde se révèle par la rencontre, la confrontation – de même que la forme se révèle dans la confrontation martiale.

 

 

Le « chemin vers l’interne » :

comment on ajuste le mouvement [externe] et la respiration/souffle [interne]

comment se développe la sensation de la transmission à travers le corps et à l’extérieur

comment respiration et transmission fondent le souffle

comment les Tanren transforment le corps et inscrivent les circuits de transmission

 

Les conditions nécessaires à la pratique :

Curiosité incessante ET reconnaissance des « instants de réalisation », tous les instants où, dés le début, « ça fonctionne ».

Rigueur et exigence sont bien sur indispensable, mais également accepter que CE moment soit « parfait », bien que techniquement approximatif, puisque que c’est LE moment de l’expérience.

Volume d’entrainement : recherche et exigence imposent un volume de travail d’autant plus important que le TJQ vise à transformer le « corps d’usage » en « corps énergétique », en modifiant les circuits internes du mouvement. Très curieusement, pour le pratiquant assidu, une période de « vacance » peut être très bénéfique !