LA FORME

Xing

 

C’est un enchaînement de mouvements fluides, qui dure entre 20 et 40 minutes suivant la vitesse d’exécution.
Ces Tao structure l’apprentissage. C’est généralement la seule partie connue du grand public.

Elle est porteuse d’INFORMATION – c’est-à-dire que la Forme, en tant que modèle extérieur, transmet directement une information au corps qui s’y confronte. Cette information n’est pas de nature intellectuelle, mais s’adresse directement à notre structure. Cette notion est très importante, car elle conditionne la manière d’apprendre – de prendre en soi. Elle est directement FORMATRICE.

Dans sa connotation moderne, le mot formel tend à se référer à une forme extérieure qui n’est pas très signifiante. Toutefois, dans la philosophie des anciens grecs, le mot forme signifiait dans son premier sens une activité formative intérieure qui est la cause de la croissance des choses, du développement et de la différenciation de leurs formes essentielles variées. La forme du TJQ est un outil de TRANSFORMATION.

 

Le circuit FORME – INFORMATION FORMATRICE – TRANSFORMATION est rappelée par la structure en trois parties de l’enchainement :

la Terre – l’Homme – le Ciel

 

          

 

L’entrée dans LE LABYRINTHE de la Forme est donc le premier pas vers cette transformation ; la forme est donc bien plus qu’un « répertoire de mouvements » ;

Au début de l’apprentissage, elle est considérée comme un point de départ, qu’il va convenir de dépasser pour atteindre l’essence de la pratique. Mais au bout de quelques dizaines d’années on peut s’apercevoir qu’elle est le point de repère central de la progression.

Il y a une respiration bienfaisante et fructueuse entre le formalisme des enchainements et la prise de risque du « lâcher prise » qui permet seule d’exprimer, de « lâcher l’action » à travers le mouvement.

La décomposition du caractère xing [la forme] fait apparaître deux parties :

 

 la phonétique qui est, étymologiquement, l’image de deux plateaux de balance en équilibre : il y a quelque chose de bien bâti et solidement équilibré, pour servir de base, d’assise.

le radical : ce sont les poils, les plumes, les cheveux; quelque chose de léger et de flottant qui vient revêtir et orner l’assise, la désignant au regard en manifestant la vie par le mouvement de flotter au vent. C’est le drapeau, la bannière, le signe de reconnaissance. (Elisabeth Rochat de la Vallée)

 

Ce dialogue entre un centre stable et ferme et la périphérie fluide et portée par le souffle offre une parfaite description de l’aspect du mouvement comme de l’essence de la pratique. En s’appuyant sur un répertoire gestuel précisément codifié et mémorisé, le pratiquant recherche en fait la plus grande liberté de l’ensemble des fonctions du corps (le corps compris comme une tout incluant l’énergie et l’intention).

 

Toutes les pratiques sont codifiées : il y a une forme de l’épée, du sabre, du bâton… Y compris les pratiques de contact ; Tue Shou (« poussée des mains ») Da Lu ( forme de poussée des mains avec un « grand déplacement », « Fighting Form », en contact et en miroir) ; toutes reprennent donc ce schéma : s’appuyer sur une structure solide pour évoluer vers un geste libre.

 

Dans ce sens, LA TRANSMISSION tient un rôle essentiel : cette solidité ne doit surtout pas se dissoudre à travers les générations d’enseignants, alors que l’essentiel n’est pas écrit de manière explicite.