LE LABYRINTHE

L’entrée dans LE LABYRINTHE de la forme est donc le premier pas vers la transformation.

Le labyrinthe est un archétype de la connaissance.

La connaissance indique ici un parcours (une voie, un Tao, un chemin d’évolution).

 

Tous les ouvrages sur le TJQ reprennent l’injonction « dérouler les mouvements de la forme comme le fil de soie d’un cocon ». Cette image renvoie bien sur à l’autre manière de sortir du labyrinthe. Thésée, en déroulant le fil confié par Ariane, a pu retrouver son chemin, après avoir vaincu le monstre.

Quel fil convient-il de suivre pour se repérer dans le labyrinthe ; à quelle mémoire doit-on faire appel ?

Dédale aurait pu confier à Ariane le plan du labyrinthe, puisqu’il en était le concepteur ; au lieu de cela, il lui offre une solution qui impose la reconnaissance des trajets et leur exploration – au lieu de leur étude « sur plan ».

Le fil se déroule – il porte en cela le modèle du mouvement autant que le modèle de l’énergie qui se déroule en cercle vers l’extérieur, et en spirales à l’intérieur du mouvement.

Ce déroulement du fil est directement illustré dans la forme par le mouvement répété dans la 3ème partie : « La fille de jade, lance la navette aux 4 coins de l’horizon ». On y retrouve le fil, la navette (qui permet d’enrouler le fil), le tracé labyrinthique du déplacement : pour aller du nord-est au sud-est, il nous faut finalement passer par le nord-ouest et le sud ouest, décrivant ainsi un circuit d’allers et de retours.

 

Le « fil d’Ariane » permet donc de relier l’extérieur à l’intérieur, puis de refaire le chemin inverse.

Le corps est la porte d’entrée du labyrinthe.

La Forme est organisée comme un labyrinthe qu’il convient de parcourir, avec ses pieds – il s’agit bien d’une DEMARCHE, sur un chemin de progression, dirigé vers l’intérieur, pour s’y égarer, et, en déroulant le fil des principes internes, finalement, s’y retrouver.

A un niveau supérieur l’organisation en labyrinthe est le fruit de la respiration Yin/Yang entre les niveaux internes et les niveaux techniques : la légèreté s’obtient par un travail ardu avec la pesanteur, la douceur s’affute dans la confrontation martiale ; l’unicité (du corps, de l’énergie, de l’esprit) se révèle dans la multiplicité des techniques, avec ou sans armes – plus on pénètre au cœur du labyrinthe, plus proche est la sortie – mais cette « sortie » se fait vers l’intérieur !