LE VIDE

 WU

Cette page devrait évidemment être blanche… mais essayons de la remplir d’une manière le plus transparente possible…

« En corrélation avec quelques autre notions telles que les souffles vitaux [Qi], le Yin/Yang, le vide est sans doute l’affirmation la plus originale que la Chine ait porté. » François Cheng – Vide et Plein

Vide et espace sont indissociables de

Wu Wei

qu’il faut ici essayer de traduire en fonction de la pratique ; cela s’avère délicat car on touche à « ce qu’on perçoit, mais qui n’a pas de forme. »

 

Dans la pratique, cela repose sur une forme de spontanéité – assez paradoxale avec le formalisme des enchainements ; en fait, cette « expérience » du vide se retrouve à chaque niveau de pratique avec une tonalité particulière : le formel génère – à travers les principes internes – une qualité de « lâcher prise » associée avec une qualité de densité proportionnelle.

« Tel me semble être l’attitude du wu wei : nous ne poursuivons pas à proprement parler un but, nous ne visons pas un résultat, nous ne cherchons pas à capter, capturer, maîtriser, saisir, prendre mais à nous déprendre de cette position vectorielle qui est celle de la conquête. » François Laplantine (2016) « Wu wei », in Anthropen.org, Paris, Éditions des archives contemporaines. DOI:10.17184/eac.anthropen.029

 

Dans la forme, la sensation d’être « agi » par la médiation du souffle oblige à sortir de modèle habituel du mouvement. L’évolution à travers le niveaux internes à si bien marié souffle et mouvement que celui-ci suffit à animer un geste devenu… vide.

 

C’est dans la confrontation que cette expérience est le plus remarquable : la notion de « force vide » s’exprime dans un mouvement particulièrement spontané : le geste juste, l’intention juste, la respiration placée accompagne des actions puissantes et surprenantes.
La confrontation directe avec

Sifu, permet d’expérimenter cet instant remarquable et bref de suspension « vide » [dans les projections] avant la densité de la réception au sol.

 

« Après quarante ans d’expérience, j’ai appris que toute vraie force provient d’un vide primordial d’où l’égo est absent, et que ce vide peut être graduellement compris en portant attention aux petits mouvements subtils du corps. » [c’est Me Wang Xiang Zhai, fondateur du  I Chuan qui fait cette remarque].

 

Le TaiJi Quan, Art de vie, est d’abord et essentiellement, un Art du vide

« Vide » peut être traduit par la présence ouverte et attentive à l’espace – par la sensation physique de l’espace vide qui « porte » le mouvement. Le vide est finalement la matière première de la pratique, qui consiste à enlever tout le superflu, ce qui encombre ou distrait, comme le sculpteur enlève la matière superflue pour révéler la FORME et l’UNITE de l’œuvre.