L’UNITE

YI

 

« A propos du Ciel-Terre, je pense à l’idéogramme un qui s’écrit d’un seul trait horizontal. Ce caractère, dans la pensée chinoise, représente le trait initial,  le souffle primordial qui séparait le Ciel et la Terre ; il signifie par conséquent à la fois la division et l’unité  A partir de ce caractère, comment ne pas penser à la théorie de l’Unique-trait-de-pinceau chère au grand peintre du XVIIe siècle Shitao. Selon ce dernier, l’Unique-trait-de-pinceau, unité de base, implique tous les traits possibles et imaginables ; il incarne à la fois l’un et le multiple, à l’instar du Souffle primordial qui est unité de base et anime tous les êtres.«   François Cheng – Vide et Plein

 

Notre page vierge, le vide originel est l’immobilité qui précède le geste.

 

Le premier geste, séparer le Ciel et la Terre correspond au premier inspir de la forme qui précède toute action : ouvrir le cercle des bras pour ouvrir le diaphragme, [métaphore parfaite du Ciel] et le deuxième, poser les talons, les paumes et le bassin en appui ferme et plein sur la Terre, sont le préambule à lâcher le premier trait, la première flèche jaillie du corps mis en tension entre Terre et Ciel.

 

En français, le mot d’Unité désigne à la fois l’UN et l’idée d’UNION – on parle d’une unité pour désigner l’un et de l’Unité pour désigner l’autre.

Au début, le corps bouge de manière complètement désordonnée, de manière rigide, comme une marionnette ; l’esprit est dispersé, incertain. Le premier travail est de discipliner les deux, en retrouvant, à l’intérieur du corps, les lignes naturelles du geste.

C’est paradoxalement le travail de Yin/Yang qui va commencer à construire cette unité vivante.

Tous les autres niveaux internes vont participer à cette unité retrouvée :

les spirales en déployant les circuits entre pieds et mains, à travers jambes et bras

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le centre en rappelant la conscience de la périphérie et de l’espace.

 

L’axe en retraçant la polarité entre pesanteur et aspiration. Le souffle reliant l’ensemble, l’intérieur et l’extérieur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette notion d’UNITE, renvoie à celle de CIRCUIT, et de CIRCULATION.
La représentation des « méridiens » d’acupuncture sont probablement ce qui traduit le mieux la sensation de circulation qui accompagne la pratique interne du Taiji Quan.

L’UNITE est la structure de LA FORCE.