ZHAN ZHUANG

 

Zhan Zhuang Qi Gong et les séries traditionnelles que nous pratiquons systématiquement avant les cours de Taiji Quan [Yi Gong, 20 mvts de la famille Yang, 24 mvts de Me Chu, Liang gong shi bafa, Ba duan jin, Tanren au bâton] ont une affinité profonde, essentielle avec l’enchainement Ils permettent de développer des principes internes, en s’affranchissant de la complexité formelle du TJQ.

Me Chu considère que tous les mouvements de la forme sont reliés à l’une des six positions de Zhan Zhuang que nous utilisons. Ces « exercices » permettent d’entrer dans le cœur du travail interne – ils soulignent la fonction de transformation des circuits corporels.

Ils permettent de « retourner au corps » : Zhan Zhuang Qi Gong ou Yi Gong consistent principalement… à ne rien faire, c’est à dire, redonner l’initiative aux circuits corporels internes, aux respirations profondes. C’est le dialogue direct du corps avec la pesanteur qui va faire germer l’intuition de la verticalité de l’intérieur. Cela n’a rien à voir avec l’idée de se tenir droit, qui vient d’une injonction volontaire et extérieure. Il s’agit de retrouver le germe qui pousse ses racines dans le profond de la terre, pour développer l’enracinement – qui est cette fois une qualité très concrète et vérifiable. En écho une qualité de « légèreté » et d’espace interne, de présence à l’espace extérieur et d’expansion se développe, la aussi à travers des actions très concrètes.

 

C’est la notion de « Song » ,

maladroitement traduit par « relâchement ».

 

 

Les Qi Gong permettent de se relier à nos ressources internes en même temps qu’à l’espace naturel extérieur qui est le lieu privilégié de la pratique.

Le fait que l’on ait retenu « posture de l’arbre » pour traduire Zhan Zhuang n’est pas anodin, alors que la traduction littérale serait plutôt posture du pieu.

Il semble en effet, qu’il y ait une affinité fondamentale entre ces pratiques internes et la forêt – que celle-ci nous rappelle à un savoir oublié, à des chemins effacés sous les feuilles. Pour l’anecdote, Hagakure, [le plus fameux ouvrage japonais concernant la voie du Samouraï] se traduit « caché derrière les feuillages », et le nom, familier à tous les pratiquants d’Arts Martiaux, de Shaolin, signifie : la petite forêt …

L’idée est qu’il y a une excellence et une perfection dans le modèle naturel, qu’il convient de retrouver ou de restaurer.